Fiscalité anglaise : impôts des sociétés et des personnes au Royaume-Uni

La fiscalité anglaise repose sur un impôt sur les sociétés de 19 % à 25 %, une TVA à 20 % au-delà de 90 000 £ de chiffre d’affaires, et un impôt sur le revenu progressif jusqu’à 45 %, le tout en livres sterling. Les règles fiscales UK se distinguent de la France par l’absence de retenue sur les dividendes, un impôt sur la fortune inexistant et un régime de résidence fiscale refondu en 2025.

Quartier financier de la City de Londres au crépuscule, illustrant la fiscalité anglaise des sociétés

L’impôt sur les sociétés (corporation tax)

L’impôt sur les sociétés est le cœur de la fiscalité anglaise pour toute entreprise. Le régime de taxation repose sur trois niveaux selon les bénéfices imposables. Les sociétés dont les bénéfices ne dépassent pas 50 000 £ paient le taux réduit (« small profits rate ») de 19 %. Au-delà de 250 000 £, le taux principal (« main rate ») de 25 % s’applique. Entre les deux, une réduction dégressive (« marginal relief ») lisse la transition, de sorte que le taux effectif progresse graduellement de 19 % vers 25 %.

Ce système diffère de la fiscalité française des entreprises, où l’impôt sur les sociétés est fixé à 25 %, avec un taux réduit de 15 % seulement sur une fraction limitée des bénéfices des PME. Le seuil britannique de 50 000 £ explique pourquoi tant de petites structures trouvent la fiscalité anglaise compétitive. Le régime applicable dépend d’abord de la forme retenue : parmi les types de société au Royaume-Uni, une Ltd est imposée à la corporation tax quand un Sole Trader relève de l’income tax, ce qui change tout le calcul avant même de raisonner taux.

La déclaration (« Company Tax Return », formulaire CT600) se dépose auprès de HMRC dans les douze mois suivant la clôture, mais le paiement de l’impôt est dû plus tôt, neuf mois et un jour après la fin de l’exercice. Companies House reçoit les comptes annuels, HMRC reçoit l’impôt : cette double interlocution surprend souvent les dirigeants venus de France.

La TVA (VAT) : seuils et taux

La TVA britannique (« VAT ») suit un principe proche du système français, avec un seuil d’immatriculation élevé. Une société s’enregistre dès que son chiffre d’affaires taxable dépasse 90 000 £ sur douze mois glissants, seuil relevé en avril 2024. En dessous, l’immatriculation reste volontaire, utile à une société qui récupère beaucoup de TVA sur ses achats. Le seuil de radiation est fixé à 88 000 £.

Le taux normal est de 20 %. Un taux réduit de 5 % s’applique à l’énergie domestique, et un taux zéro couvre la plupart des produits alimentaires de base, les livres et les vêtements pour enfants. Les déclarations sont trimestrielles et transmises à HMRC par voie numérique via Making Tax Digital. La taxe sur la valeur ajoutée reste l’un des points les plus surveillés : un retard d’immatriculation expose à des pénalités.

À l’export, la TVA obéit à des règles propres, utiles à connaître pour une société qui vend à l’étranger. Les biens expédiés hors du Royaume-Uni sont zéro-notés (0 %), sous réserve de conserver la preuve d’exportation : aucune TVA britannique n’est facturée sur ces ventes. Pour les services, c’est le lieu de prestation qui tranche. En B2B, un service vendu à une entreprise étrangère est en principe hors du champ de la TVA britannique, et c’est le client qui l’autoliquide dans son pays (reverse charge). En B2C, le service relève le plus souvent de la TVA du pays du prestataire, avec une exception pour les services numériques, taxés là où se trouve le consommateur. Une société britannique qui exporte des biens ou des services reste donc compétitive, sans TVA en cascade.

Dividendes et distribution des bénéfices

Une fois l’impôt sur les sociétés acquitté, le bénéfice net se distribue en dividendes. Le Royaume-Uni n’applique aucune retenue à la source sur les dividendes versés par une société britannique, y compris à un actionnaire non-résident. Le dividende sort sans prélèvement au niveau de la société, l’imposition se faisant ensuite chez le bénéficiaire selon sa propre résidence fiscale.

Pour un résident britannique, l’impôt sur les dividendes s’applique après un abattement annuel (« dividend allowance ») de 500 £ pour 2025/26, puis à 8,75 % (tranche de base), 33,75 % (tranche supérieure) ou 39,35 % (tranche additionnelle). Cette imposition séparée du salaire ouvre des marges d’optimisation fiscale légale dans le choix de la rémunération du dirigeant, entre salaire et dividendes. Pour un résident français, la convention fiscale franco-britannique évite la double imposition et fixe le droit d’imposer.

L’impôt sur les plus-values (capital gains tax)

Les gains réalisés à la revente d’un actif relèvent de l’impôt sur les plus-values (« capital gains tax »). Depuis le 30 octobre 2024, la taxe sur les gains en capital s’élève à 18 % pour un contribuable dans la tranche de base et 24 % au-delà, sur la plupart des actifs, dont les actions. Chaque personne bénéficie d’un abattement annuel (« annual exempt amount ») de 3 000 £.

Les entrepreneurs profitent d’un régime allégé, le Business Asset Disposal Relief, à 14 % depuis le 6 avril 2025 sur la cession de leur société, dans une limite cumulée. Les sociétés de holding bénéficient quant à elles, sous conditions, d’une exonération sur la cession de filiales (« substantial shareholding exemption »), un levier classique de structuration patrimoniale.

Impôt sur le revenu, PAYE et cotisations

L’impôt sur le revenu (« income tax ») pour 2025/26 comprend un abattement personnel (« personal allowance ») de 12 570 £, puis une tranche de base à 20 % jusqu’à 50 270 £, une tranche supérieure à 40 % jusqu’à 125 140 £, et une tranche additionnelle à 45 % au-delà. Ce taux d’imposition progressif se double d’une réduction de l’abattement personnel d’1 £ pour 2 £ de revenu au-dessus de 100 000 £.

À cela s’ajoutent les charges sociales (« National Insurance »), prélevées via le système PAYE qui retient automatiquement impôt et cotisations sur les salaires. En 2025/26, le salarié verse des contributions de National Insurance de 8 % au-dessus de 12 570 £, puis 2 % sur les hauts revenus. Les charges patronales, c’est-à-dire le système de cotisations à la charge de l’employeur, atteignent 15 % au-dessus de 5 000 £ de salaire annuel, un niveau qui reste inférieur aux charges sociales françaises.

Bureau de comptable illustrant la fiscalité anglaise des sociétés

Année fiscale, auto-évaluation et déclarations

L’année fiscale britannique court du 6 avril au 5 avril suivant, et non sur l’année civile. Les personnes dont les revenus ne sont pas entièrement prélevés via PAYE relèvent du système d’auto-évaluation (« self-assessment ») : dirigeants, indépendants, bailleurs ou actionnaires figurent parmi les contribuables qui déposent une déclaration de revenus annuelle, où entrent salaires, dividendes, intérêts, pensions et revenus locatifs. La déclaration en ligne se dépose au plus tard le 31 janvier suivant la fin de l’année fiscale, le format papier dès le 31 octobre, avec parfois des acomptes (« payments on account »).

Le dispositif reste accessible, et une aide à l’auto-évaluation par un comptable francophone sécurise la première déclaration, souvent la plus déroutante pour un expatrié. Une erreur de calendrier ou d’estimation expose à des pénalités automatiques, d’où l’intérêt d’un accompagnement dès la première année.

Résidence fiscale, non-dom et régime FIG

La résidence fiscale se détermine par le Statutory Residence Test, fondé sur le nombre de jours passés et les liens personnels, et non plus par la notion de domicile. Voici le grand changement récent : depuis le 6 avril 2025, le statut non-domicilié (« non-dom ») et la remittance basis ont été abolis. Ils cèdent la place au régime FIG (Foreign Income and Gains), qui exonère pendant 4 ans les revenus et plus-values d’origine étrangère des nouveaux résidents n’ayant pas été résidents fiscaux britanniques au cours des 10 années précédentes.

Toute stratégie patrimoniale raisonne désormais résidence, et non plus remittance basis. Pour un dossier qui touche deux pays, le droit fiscal international et la fiscalité internationale priment : la convention fiscale franco-britannique répartit le droit d’imposer entre les deux États et reste la référence pour éviter une double imposition.

Taxes locales et foncières

Au-delà des impôts nationaux, la fiscalité anglaise comprend des prélèvements locaux. Les locaux professionnels supportent les « business rates », une taxe foncière assise sur la valeur locative du bien, tandis que les logements relèvent de la « council tax » versée à l’autorité locale. L’achat d’un bien immobilier déclenche le Stamp Duty Land Tax (SDLT), un droit de mutation progressif selon le prix et la nature de l’acquéreur. Une société qui loue ses bureaux paie donc des business rates, à intégrer dans ses coûts d’exploitation.

Succession et absence d’impôt sur la fortune

Le Royaume-Uni n’applique aucun impôt sur la fortune, là où la France conserve l’IFI sur le patrimoine immobilier. Cette différence pèse dans le choix de résidence des patrimoines mobiliers. En revanche, les droits de succession (« inheritance tax ») frappent à 40 % la part de succession au-dessus d’un abattement (« nil-rate band ») de 325 000 £, complété d’un abattement résidentiel pouvant atteindre 175 000 £ pour la transmission du logement familial. La planification successorale UK s’organise autour de ces seuils, des donations et des trusts, un terrain où l’accompagnement spécialisé prend tout son sens.

Holdings, start-ups et investissement

La fiscalité anglaise offre des régimes pensés pour l’entreprise et l’investissement. Les sociétés de holding servent à détenir des participations et à céder des filiales avec une exonération sous conditions. Pour les jeunes pousses, le régime d’imposition des start-ups passe par les dispositifs SEIS et EIS, qui accordent une réduction d’impôt à l’investisseur qui finance une société éligible, un puissant aimant à capitaux. Ces niches fiscales et exonérations fiscales, encadrées, nourrissent l’investissement au Royaume-Uni et expliquent l’attractivité du pays pour les entreprises étrangères. Cette souplesse fiscale s’inscrit dans une économie du Royaume-Uni tournée vers les services et l’investissement étranger, ce qui renforce encore l’attrait d’une implantation.

Différences avec la fiscalité française

Au-delà des taux, la philosophie diffère : charges patronales plus basses, déclaration d’impôt sur les sociétés unique, absence de retenue sur dividendes et calendrier fiscal décalé. Le tableau ci-dessous résume les différences fiscales France/UK les plus parlantes pour un entrepreneur installé en Angleterre.

ImpôtFranceRoyaume-Uni
Impôt sur les sociétés25 % (15 % réduit PME)19 % à 25 % (marginal relief)
Tranche maximale du revenu45 % + contributions45 %
Dividendesflat tax 30 %8,75 % à 39,35 %
Plus-values mobilièresflat tax 30 %18 % ou 24 %
Impôt sur la fortuneIFI (immobilier)Aucun
Retenue sur dividendes sortantspossibleAucune
Année fiscaleannée civile6 avril au 5 avril

Reste qu’une société britannique détenue depuis la France soulève des questions de résidence fiscale de la société et d’établissement stable. Un accompagnement francophone aide à créer une société à Londres sur des bases solides et à éviter les erreurs de structuration, le dossier étant cadré en amont selon votre situation.

Questions fréquentes

Quel est le taux de l’impôt sur les sociétés au Royaume-Uni en 2025/26 ?

19 % sous 50 000 £ de bénéfices, 25 % au-dessus de 250 000 £, avec une réduction dégressive (marginal relief) entre les deux seuils.

À partir de quel chiffre d’affaires faut-il s’immatriculer à la TVA ?

Dès que le chiffre d’affaires taxable dépasse 90 000 £ sur douze mois glissants. L’immatriculation volontaire reste possible en dessous.

Comment sont imposées les plus-values au Royaume-Uni ?

La capital gains tax est de 18 % dans la tranche de base et 24 % au-delà, après un abattement annuel de 3 000 £. Les cessions de société éligibles bénéficient d’un taux de 14 % au titre du Business Asset Disposal Relief.

Le statut non-dom existe-t-il encore ?

Non, il a été aboli le 6 avril 2025 et remplacé par le régime FIG, qui exonère 4 ans les revenus et plus-values étrangers des nouveaux résidents éligibles.

Le Royaume-Uni a-t-il un impôt sur la fortune ?

Non. Le Royaume-Uni n’applique aucun impôt sur la fortune, contrairement à la France et son IFI. Les droits de succession existent en revanche, à 40 % au-dessus de 325 000 £.

Quelle est l’année fiscale britannique ?

Elle court du 6 avril au 5 avril suivant. Les revenus hors PAYE se déclarent en self-assessment, au plus tard le 31 janvier en ligne.

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